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Cleveland: Where emotions happens

par Axel Nodinot 22 Juin 2016, 17:50 NBA

Il y avait bien longtemps que le sport m'avait ému au point de lâcher quelques larmes. Il y eut bien la victoire de la France au Mondial 1998, partagée avec mon père, pourtant hermétique au sport. Je pourrais aussi citer le slalom génial de Lionel Messi en demi-finales de la Champion's League 2011, contre l'ennemi madrilène, le tout ponctué d'un but. Je n'ai pas d'autres souvenirs de larmes causées par un exploit sportif, jusqu'à la nuit dernière.

20/06/2016, aux alentours de 4h30 du matin. Harassés par la fatigue et une soirée assez arrosée, un pote et moi sommes encore éveillés, sous adrénaline, abasourdis devant le dernier match des Finales NBA. LeBron James, après un énième triple-double (27 points, 11 rebonds, 11 passes), offre le premier titre NBA de son histoire à Cleveland, SA ville. Ceci en ayant vaincu les champions en titre, les Warriors de Golden State, sortant d'une saison record (73 victoires, 9 défaites), et après avoir été menés 3-1, exploit unique dans l'histoire de la NBA !

Plus que cet exploit sportif, c'est la dimension humaine qui ressort de ce titre. LeBron James, "l'élu", prend sa revanche sur l'année dernière, tient enfin sa promesse de titre pour sa région, devient l'un des meilleurs joueurs de tous les temps, et une larme coule sur ma joue.

Kevin Love dans les bras de LeBron James, en larmes après son titre de champion.

Kevin Love dans les bras de LeBron James, en larmes après son titre de champion.

Une saison NBA spéciale

Sportivement, la saison régulière 2015-2016 aura été historique: les Golden State Warriors battent le record des Chicago Bulls de Michael Jordan (73-9 contre 72-10), et les San Antonio Spurs de Tony Parker signent eux aussi l'un des meilleurs bilans de l'histoire.

Émotionnellement, la fin de saison est marquée par une fin de carrière: celle de Kobe Bryant, la légende des Lakers, qui finit son tout dernier match avec 60 points, record de la saison. Son discours d'adieu, classe et émouvant, nous procurait alors une belle émotion, rapidement estompée par le départ des Playoffs.

Road to the Finals

Ces Playoffs NBA, assez fades selon la majorité des observateurs, amènent cependant quelques séries intéressantes. Ainsi, la demi-finale de conférence San Antonio - Oklahoma City, âprement disputée, voit le Thunder de Kevin Durant et de Russell Westbrook vaincre des Spurs vieillissants. En finale de conférence, toujours à l'ouest, on assiste à une énorme série entre ce même Thunder et les Warriors de Golden State donc. Ces derniers, au terme des sept matchs et d'une remontée extraordinaire, se qualifient donc en finale.

A l'est, le parcours des Cavaliers de Cleveland est plus facile, et nous donne fatalement moins de suspense. Après avoir battus les Toronto Raptors (4-2), deuxièmes de la conférence est, les Cavaliers de LeBron James, Kyrie Irving et Kevin Love rejoignent donc en finale les Warriors du MVP Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green.

Cleveland: Where emotions happens

LeBron James, pour l'Histoire

Je ne suis pas particulièrement fan de la franchise de Cleveland, ni de celle de Golden State. Ces derniers, via les éclairs de génie de Curry, m'ont émerveillé durant toute la saison. Cependant, j'ai toujours eu de l'admiration, de l'affection pour LeBron James (malgré le fait que je supporte les Boston Celtics). En effet, sa puissance, sa vision du jeu et surtout sa domination sont exceptionnelles et donnent envie de se lever la nuit pour voir ses performances. C'est sûrement ce que ressentaient les fans de basket avec Larry Bird et Magic Johnson dans les 1980's, avec Michael Jordan dans les 1990's, avec Kobe Bryant et Shaquille O'Neal dans les 2000's.

De plus, dans ce cocktail de talent et de travail incessant s'incorpore une notion de mérite: James, après avoir été raillé sur sa communication nauséabonde, sur "The decision", ou sur son bilan en finales (le fameux 2 sur 6), méritait de gagner encore un titre. Celui-ci rappelle à tous à que le "King" est l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du basket. Mieux, il réunit quasiment tous les observateurs (excepté les omniprésents haters) dans une admiration unanime.

En effet, le scénario est magique, et profitable à la NBA, puisque les spectateurs méritaient eux aussi de rêver durant ces finales. Après le 3-1 et un game 5 à venir dans l'Oracle Arena d'Oakland, peu voyaient Cleveland se relever, et aussi peu s'enjouaient du début de la série.

Mais c'est au dos du mur que l'on reconnaît les grands hommes. Les Cavaliers, condamnés à gagner trois matchs contre les champions en titre, se révoltent, emmenés par un incroyable Kyrie Irving (41 points au game 5), mais surtout par un LeBron James légendaire: 41 points, 16 rebonds, 8 passes, 3 contres et 3 interceptions! Au match 6? LeBron récidive avec une nouvelle performance à plus de 40 points, devenant ainsi le premier joueur de l'histoire à réaliser cet exploit en finales.

Des larmes légendaires

Dans un game 7 disputé et oppressant de suspense, Kyrie Irving, après un tir à 3 points clutch au possible, scelle le destin des finales et achève les Warriors. Au buzzer de fin de match, stupeur dans la salle de Golden State, les Cleveland Cavaliers sont champions NBA. J.R. Smith, Kyrie Irving et Kevin Love se ruent sur LeBron James, qui ne réalise pas ce qu'il se passe jusqu'à ce que Kevin Love l'enlace. Aujourd'hui, le "Chosen One" redevient le gosse d'Akron, Ohio. Tous ses coéquipiers autour de lui, il ne respire pas encore. Une fois sa troupe éparpillée dans la salle, il tombe sur le parquet et pleure des larmes de joie, de soulagement, d'accomplissement.

Ce troisième titre NBA est en effet un accomplissement personnel pour LeBron James: une troisième fois MVP des Finales, ces récompenses viennent garnir un palmarès déjà impressionnant (4 fois MVP, 12 fois All-Star...). James entre sans conteste dans le cercle des plus grands.

Mais ce n'est pas seulement d'un point de vue individuel que l'accomplissement se réalise. Les Cavaliers et Cleveland, et plus généralement toutes les personnes de l'Ohio, ont attendu depuis plus de 50 ans. Ils ont espéré en 2003, en draftant LeBron, un prodige arrivant tout droit de leur région. Ils ont été déçus en 2009, quand Cleveland échouait en finale. Ils ont explosé de colère en 2010, quand la gloire locale s'envolait à Miami. Ils ont humblement pardonné en 2015, après le retour de James à Cleveland et en finales.

Aujourd'hui, Cleveland n'a pas exulté. Au buzzer, tous étaient à l'image de LeBron, bouche bée et larmes aux yeux, partageant le même soulagement sous la même bannière, la première des Cavaliers. Aujourd'hui, après une longue attente, Cleveland peut respirer.

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